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 Belgique: discussion sur le voile à l'école

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tguiot



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MessageSujet: Belgique: discussion sur le voile à l'école   Belgique: discussion sur le voile à l'école Icon_minitimeDim 5 Juil - 23:39

Je tire cet article du journal "Le Soir". Il s'agit d'un Q&A entre la rédaction du journal, et Edouard Delruelle, philosophe et codirecteur du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme.

Je vous le livre ici.

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Ecolo et CDH sont prêts à ouvrir le débat sur le port du voile à l’école. Mais pas à légiférer. Pour Edouard Delruelle, le port des signes religieux à l’école et dans l’administration doit être réglé par décret. Après un large débat.


Le dernier athénée d’Anvers qui tolérait le port du voile l’interdira à la rentrée. A l’inverse, la cellule « Diversité » du ministère de la Justice suggère d’autoriser les agents à porter des signes d’appartenance religieuse ou philosophique. Comment interpréter ces élans en sens divers ?
D’autres ministères, des communes, des hôpitaux, voire des services d’incendie interpellent régulièrement notre Centre sur ces questions. Nous ne sommes pas pour autant en situation de guerre civile ! Les points de crispation sont circonscrits à l’école, aux services publics et à l’emploi. Partout ailleurs, la liberté individuelle prime et s’exerce. Sans problème.


Le cas de l’école vous préoccupe particulièrement…
Ce qui est neuf, voire inquiétant, c’est qu’un établissement comme l’athénée d’Anvers, connu pour sa politique dynamique de diversité et qui avait fait le choix d’accepter les élèves portant le foulard, finisse par y renoncer, la mort dans l’âme, sous la pression des autres établissements. Ils interdisent tous le voile et ont fini par générer un ghetto, à l’athénée, qui commençait à souffrir de problèmes de prosélytisme.


Le PS et le MR estiment qu’il faut laisser les écoles traiter le problème en toute autonomie…
Il n’y a plus d’autonomie à partir du moment où la pression extérieure contraint, de facto, à opter pour l’interdiction. C’est intenable, à long terme. Tant dans les écoles, que dans les administrations publiques. Les décideurs politiques ne peuvent laisser les directions des écoles et des administrations face à cette responsabilité.


Que faire, concrètement ?
Les nouveaux exécutifs doivent lancer un processus remettant en cause ce principe d’autonomie qui n’en est plus une. Sans précipitation et en privilégiant la voie du compromis, les futures majorités ont la responsabilité d’ouvrir un débat serein, avec l’objectif de légiférer, à terme. Il faut se donner les chances d’aboutir à un compromis entre la majorité de la population et les minorités culturelles, qui doivent certes être respectées, mais qui doivent aussi tenir compte du centre de gravité culturel de notre société. Il y a un équilibre à trouver – et c’est possible ! – entre les principes en jeu : les libertés de conviction et d’expression, la neutralité de l’Etat, la lutte contre le prosélytisme, l’égalité homme-femme…


Les partis de l’Olivier ne semblent guère disposés à légiférer (« Le Soir » du 27 juin)…
Commençons par ne pas nous en tenir aux signes religieux. Elargissons le débat aux pratiques alimentaires, aux jours fériés liés à des fêtes religieuses… En somme, osons le débat des « accommodements raisonnables » (NDLR : assouplissement d’une norme afin de contrer la discrimination que peut créer cette norme et que subit une personne, dans le but de respecter le droit à l’égalité du citoyen). Il faut tirer parti de l’expérience du Québec, qui a mené une politique de diversité très radicale, dans les années 80, jusqu’à tolérer des accommodements assez déraisonnables, excessifs ou dérangeants. Le pouvoir politique a mis en place, en 2007, une « Commission de consultation » sur ces pratiques culturelles qui a littéralement mis en débat la société québécoise. Des propositions concrètes de compromis ont été déposées sur la table. Et la tension s’en est immédiatement trouvée apaisée.


C’est l’exemple à suivre ?
Sans conteste. Je n’attends pas des décideurs politiques qu’ils tranchent dès aujourd’hui « pour » ou « contre » le voile à l’école. En revanche, il leur revient de créer un espace de débat, de donner la parole aux acteurs de terrain – pas aux porte-parole idéologiques qui occupent le champ médiatique. Ecoutons les responsables associatifs et culturels, les enseignants, les échevins…


Mais en légiférant à terme…
Une instance de consultation sur le modèle de la Commission du dialogue interculturel pourrait formuler des propositions concrètes, à charge pour le politique de les transformer en un ou deux décrets applicables à l’école et à l’administration. Autre exemple : les travaux de la commission de bioéthique, qui se sont révélés très utiles au moment de voter la loi sur l’euthanasie.


Cela risque de prendre du temps…
Le sujet mérite d’être traité avec le temps nécessaire. Mais aussi avec une ferme volonté politique. Idéalement, l’engagement à ouvrir ce débat et à légiférer doit être coulé dans l’accord de gouvernement des nouveaux exécutifs de la Région wallonne et de la Communauté française. Si la volonté y est, le reste suivra : je rappelle que nous disposons de l’expertise nécessaire et des moyens financiers nécessaires, au Centre, pour contribuer à ouvrir et mener ce débat.


Les partis prendront-ils le risque d’ouvrir le débat sur une question qui divise la société et même leurs propres rangs ?
Je suggère qu’ils commencent par délier leurs parlementaires de la discipline de vote, comme ils l’ont fait sur les questions éthiques. Cela contribuerait déjà à décrisper le débat… Il est normal que les gens réagissent de manière très passionnée sur ces questions : personne ne se sent indifférent face à ces sujets, qui mettent en jeu les règles de base de la vie en société.


Et si personne ne bouge ?
Alors, la crispation va dégénérer. Les positions vont se radicaliser. Au point où il ne sera plus possible de négocier un compromis. Ce serait irresponsable ! Qu’on le veuille ou pas, la communauté musulmane se sent ciblée, voire humiliée. Ne pas bouger, c’est laisser pourrir la situation et favoriser les courants radicaux.


Quels compromis pourrait-on envisager ?
Les principes constitutionnels de liberté d’expression et de conviction ne sont pas absolus. La Cour européenne des droits de l’homme a admis que l’on pose des limites à ces libertés fondamentales. Mais il faut que ces restrictions soient justifiées, circonscrites. On pourrait imaginer, par exemple, de limiter l’interdiction du port de signes religieux aux seuls fonctionnaires qui exercent une fonction d’autorité, ou à ceux qui sont en contact avec le public. On pourrait adopter le principe de jours fériés flottants. Ou limiter, par exemple, l’interdiction du foulard aux élèves en dessous d’un âge donné, etc.


Et la burqa ?
La question ne se pose même pas. Elle n’a pas sa place dans notre société. Notre système juridique est fondé sur l’identité de la personne. Sans parler des problèmes de sécurité, dissimuler le visage, c’est nier la subjectivité de la personne.

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Voilà, pour ma part, je ne peux que marquer mon accord avec Delruelle. Les politiques ont préféré la fuite par rapport à la question du voile, en laissant les écoles faire leur choix, mais avec comme ligne de conduite officieuse l'interdiction. C'est de la lâcheté couverte d'hypocrisie. Il est temps, à l'instar de la France, que nos politiciens se mouillent.
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