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 La Mort et la Mortalité

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quinlan_vos
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MessageSujet: La Mort et la Mortalité   Ven 25 Sep - 18:07

« Celui qui va mourir accomplit seul le pas solitaire que personne ne peut faire à sa place » . Vladimir Jankélévitch, ‘La Mort’.

S’il est un sujet qui n’a de cesse d’être débattu depuis les débuts de l’humanité, c’est bien celui-ci ; la mort. Si, comme toutes les espèces animales nous l’avons perçues très tôt, il semble que nous soyons la seule à tenter d’en percer les secrets. Nous l’élevons au rang de mystère absolu, d’inconnu terrifiant ou simplement de curiosité dont une seule chose est certaine : personne n’en revient jamais.
« Mourir est un manque de savoir-vivre », disait Pierre Desproges - qui a d’ailleurs fini par en faire l’expérience. Et c’est certainement le premier point qui nous relie au reste de l’univers. Nous allons tous mourir, nous allons tous disparaître. Seulement, si cette certitude est évidente, la vision que l’on en a a largement varié avec le temps. De la simple observation à la sacralisation, à la peur, chacun de nous à une vision différente de ce qu’elle et, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’aucune n’est réellement objective, ou presque.


1 - DEFINITION BIOLOGIQUE DE LA MORT
D’un point de vue purement scientifique et biologique, rien n’indique la mort. Son moment, en tout cas, et certains points législatifs font avancer les médecins dans un certain flou.
Quand un corps est-il mort? La question peut paraître naïve, mais reste tout de même intéressante. Notre appréciation de la mort a largement variée avec le temps, et il semble évident qu’elle le fera encore. Pour autant, la première constatation qui se fait est toujours la même : la mort est l’arrêt durable, irrémédiable, des fonctions cardiaques et pulmonaires. Simple, me direz-vous.
Mais cela dépend, en réalité, des cas, et des observations. Cette définition, en réalité, relève un brin du simpliste. A l’heure actuelle, le médecin ne déclare la mort d’un patient que lorsque son cerveau est trop gravement touché (par suite d’un manque d’oxygénation, ou d’un AVC trop violent), et qu’il ne peut plus assurer le fonctionnement des organes vitaux. Car (c’est drôle comme on y revient toujours) sans le cerveau, point de vie. C’est le cerveau qui ordonne au cœur de battre, au poumons de prendre de l’air, etc… En règle générale, on estime qu’un cerveau privé d’oxygène plus de trois minutes est gravement lésé. Au-delà de quatre à cinq minutes, il est mort. Dans un hôpital, et dans le cas d’une intubation qui fonctionne, on continuera à « ramener » la personne pendant quinze à trente minutes, selon son état. Dans ce cas, le cerveau peut encore fonctionner, mais le cœur ne bat plus.
Pour autant, nul ne sait reconnaître le moment de la mort. Il s’agit d’une minute, d’une seconde, mais indécelable. De même, l’expression « mort sur le coup » est erronée. En effet, comme on l’a vu, le cerveau continue à « vivre », même privé d’oxygène, durant un certain laps de temps - uniquement défini par observation clinique.
Comme on vient de le voir, la définition clinique de la mort reste floue. Au moment de passer son brevet de secouriste, on apprend d’ailleurs une base à l’élève : la victime d’un accident n’est jamais morte, sauf dans deux conditions.
La première est qu’un médecin assermenté déclare lui-même la mort.
La seconde est que la tête de la victime est détachée de son corps.
Même si les pompiers mettent trois heures à venir, vous devez continuer les exercices de réanimation (évidemment, cette notion est à oublier quand le cadavre a déjà plusieurs jours).

Comme on vient de le voir, définir le moment même de la mort est quasiment impossible. En revanche, les signes de la mort sont parfaitement reconnaissables, d’un point de vue médico-légal.
Plusieurs éléments entrent en jeu.
- L’arrêt vérifié des fonctions cardio-respiratoires.
- Teint livide (lorsque le cœur cesse de battre, tout le sang du corps « tombe » vers les points les plus bas, ce qui créée une lividité apparente, mais de larges plaques pourpres dans ces régions).
- Froideur de la peau au touché (c’est le sang pulsé par le cœur qui provoque notre chaleur naturelle).
- Pupilles pâles. Les iris se décolorent après la mort.
A terme, d’autres signes apparaissent :
- Un durcissement des membres (rigidité cadavérique, ou rigor mortis), du à une immobilisation prolongée et à une tétanisation des tendons. Cette période apparait après environ quatre heures à température ambiante, et dure à peu près six heures.
- Une rétractation des tissus cutanés. Cette période arrive juste après celle de la rigidité cadavérique, et se produit lorsque toute l’humidité naturelle de la peau disparait. C’est à ce moment que l’on dit que les poils « poussent ». En réalité, la fermeture des pores cutanés expulse les poils sous-jacents.
- Une liquéfaction des tissus adipeux.
- Un relâchement des gaz…

Il y a donc deux éléments distincts à prendre en compte, comme je viens de le faire dans ces deux points : la mort de l’individu, et la mort de ses organes. Car les deux ne surviennent pas au même moment, et cette notion n’est apparue que dans la seconde moitié du XXème siècle ; c’est elle qui permet les transplantations et les greffes. Une personne est donc jugée morte lorsque ses signes vitaux ont cessés. Un corps est mort lorsqu’il entre dans sa phase de décomposition.


2 - DEFINITION COURANTE
Bien que les éléments cités plus haut se soient largement popularisés ces dernières années, essentiellement grâce à des séries télévisées comme Urgences ou Les Experts, la plus grande partie de la population conserve des notions - et une approche - différentes de la mort. Ce phénomène peut-être considéré comme global, au point que la législation civile prend en compte ces définitions, en plus des aspects médicaux. Ce fait laisse d’ailleurs parfois naître certaines dérives, rendues possibles par cette approche populaire des lois sur le sujet.
Pour les gens, la mort n’a finalement que peu de liens avec la vision scientifique développée plus haut. Elle tient de l’affectif, du psychologique.
Ainsi, la mort n’est pas un phénomène organique, mais une sensation. Un manque, une absence. C’est ainsi que l’on peut entendre des phrases comme « untel a l’air tellement en paix », et que le premier travail des médecins est de rassurer les familles « untel est parti dans son sommeil, il n’a pas souffert ».
Dans l’inconscient collectif, la mort est fatalement (sans jeu de mot) associée à la souffrance, à la douleur. On y voit la maladie, l’accident…
Un autre élément marquant est non pas la perception que l’on a de la mort, mais celle - associée - que l’on a du vivant. Nous avons tous vus ces épisodes de Dr House, de Grey’s Anatomy, de Urgences ou de Hôpital Central où le médecin annonce d’une voix solennelle que « tout est fini » à un mari ou une femme (ou une mère, un père, un oncle, une tante, un cousin germain de troisième génération du côté de la tante, l’autre..) hystérique devant un lit où la seule forme de vie est celle du respirateur artificiel, qu’une infirmière vient insidieusement couper, la garce. Dans un film, un éléctro-cardiogramme plat, qui résonne forcément d’un long « biiiiiiiiip » laconique, suffit à annoncer la nouvelle au spectateur.
Car, pour la plupart des gens, le cœur n’abrite pas que la vie. Il abrite les émotions, les sentiments. La mort d’un être n’est pas la mort de son corps et sa disparition, mais la mort de ses émotions, comme réduites à néant. « Et maintenant, que vais-je faire? ».
On assiste ainsi des scènes parfois étranges, surréalistes, dramatiques et stupides en même temps, qui nous amènent à se poser des questions.
Un homme, ou une femme, sous respirateur artificiel depuis dix ans, est-il (elle) toujours vivant(e)?
Curieusement, les termes employés à ce moment nous indiquent clairement que non. Ne dit-on pas « débrancher », dans ces cas là? Pourtant, cette personne est toujours vivante pour sa famille.
D’un point de vu médical, cette personne est, bien entendu, morte : le cerveau n’est pas capable de faire battre le cœur ou d’actionner les poumons de cette personne. Mais ce n’est pas le cas pour la famille, qui y voit toujours un certain espoir. C’était un point important dans le film Jonnhy Got His Gun (1), où cet homme, à qui il manquait la moitié du visage, les bras et les jambes, n’était plus qu’un cerveau.

Il est évident qu’une large part de psychologie entre dans la vision commune de la mort. Son appréhension, sa vision et son acceptation en découlent.
Dans nos sociétés occidentales, la mort est à la fois une normalité et un tabou, de ceux dont on n’ose qu’à peine parler. D’une part parce que, comme je l’ai déjà dit, on l’associe à la douleur, la perte et la tristesse, mais également parce qu’elle soulève des points particuliers, tant dans notre morale que dans la législation (j’y reviendrai).
Pourquoi, psychologiquement, la mort est elle si difficile à appréhender?
Chez l’enfant, elle est source de cauchemar. Nous prenons compte de l’option « fin » de la vie vers sept ou huit ans. Et c’est là que nous nous rendons compte que, nos parents aussi, vont mourir, un jour.
Mais c’est à l’adolescence que cette peur grandit - notamment par la vision que nous en donne la société. Il ne s’agit pas réellement de la peur de mourir, mais de celle de disparaître. On a peur d’être oubliés, de ne rien avoir fait de nos vies, de ne compter pour personne… En bref, on se rend compte qu’être mort empêche les liens sociaux, et les brise. Ces amis qu’on a eu tant de mal à se faire et à garder, ben on les laisse. On a également peur de la solitude. Celle que l’on éprouve dans un veuvage, en voyant sa famille disparaître petit à petit, ses amis… Peur de rester seuls. La fameuse phrase d’Highlander, « il ne peut en rester qu’un », à la fois comme une obligation et comme une malédiction. Les questions surviennent : que sera la vie sans ma femme ou mon mari? Sans mes parents?
Si, d’un point de vue scientifique, la mort est une obligation, elle a tendance à devenir, pour le public, une peur.
Au final, nous ne voyons pas la mort comme cette banalité, mais comme la fin d’un tout. Nous ne l’observons pas, nous la jugeons, à l’aune d’une vie vécue. Personne n’a jamais plaint la mort de Hitler, mais tout le monde pleurera un Patrick Swayze. Pourtant, les deux ont vécu, et les deux sont morts.
Pire, il arrive que cet évènement inévitable devienne une condamnation, comme une punition.
Mais c’est une conclusion âpre, en réalité, qui nous ramène invariablement à cette peur : nous sommes tous condamnés à mort, et en arpentons le couloir depuis bien avant notre naissance.



(1) Un film que je recommande à ceux qui ne l’ont pas vu, mais accrochez-vous.
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tguiot



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MessageSujet: Re: La Mort et la Mortalité   Sam 26 Sep - 10:41

Du point de vue biologique, je me permets deux petites précisions:

1. Ce n'est pas vraiment le cerveau qui ordonne au coeur de battre. Le coeur possède son propre système nerveux, autonome et indépendant. Le cerveau, et surtout ses systèmes nerveux ortho- et parasympathique permettent, entre autres, d'influer sur la fréquence cardiaque.

2. Pour le rigor mortis, c'est en réalité par l'ârret du cycle de Krebs, et donc de production d'ATP, que la rigidité survient. Le cycle de Krebs est un cycle chimique au sein des cellules permettant de produire, in fine (et donc pas toujours comme produit direct) un certain nombre de molécules énergétiques, l'ATP (Adénosine TriPhosphate). Cet ATP est la molécule la plus utilisée pour fournir de l'énergie aux processus biologiques cellulaires.
Lors de la contraction musculaire, deux types de fibres se rapprochent l'une de l'autre, par l'action de petites "têtes" sur une des fibres, qui "avancent" en tirant l'autre fibre vers elle. Chaque mouvement de ces petites têtes nécessite ce fameux ATP pour se déplacer. S'il n'y a plus d'ATP à consommer, alors la tête reste fixée là où elle se trouvait, et voilà, le muscle est tout raide.


Pour le reste, chouette article, quinlan, comme toujours.
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quinlan_vos
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MessageSujet: Re: La Mort et la Mortalité   Sam 26 Sep - 10:44

- Merci à Tguiot pour ces précisions, toujours intéressantes -

3 - LES RITES FUNERAIRES ET LA SACRALISATION DE LA MORT
Cette approche psychologique, plus que la vision scientifique, nous a amenés depuis longtemps à voir en la mort un évènement mystérieux, insaisissable.
Tout d’abord, ses rites.
Bien avant la découverte des principes du vieillissement et de l’apoptose (« suicide » programmé d’une cellule pour être recyclée), les hommes ritualisaient la mort des leurs. S’il est évident que, à l’heure actuelle, ce phénomène sert surtout à accepter l’inéluctabilité de la chose, il semble de plus en plus probant que nos ancêtres se servaient de cet artifice pour des raisons bien plus terre-à-terre.
Pour commencer, revenons un peu sur notre cadavre, et jetons-y un coup d’œil.
Nous en sommes déjà à deux jours après la mort, et les choses sérieuses commencent : la putréfaction.

- Attention, le passage qui va suivre peut heurter certaines sensibilité (qu’on ne me dise pas que je ne vous ais pas prévenus) -

Les masses graisseuses ont déjà commencé à se liquéfier, ce qui provoque une suractivité chez les bactéries qui vivent dans notre organisme. Les plus importantes et nombreuses sont celles qui se trouvent dans notre système digestif et nos poumons. Une tâche verdâtre apparait sur l’abdomen, signe que ces charmantes bestioles commencent leur travail. Affamées, elle commencent à tout engloutir. Elles digèrent le corps de l’intérieur.
Durant cette période, la région stomacale se gonfle, sous l’effet des gaz provoqués par les microbes (azote, ammoniac, acide sulfurique…). Tout ce qui constitue notre organisme se transforme. Les sucres deviennent des alcools et des acides, les lipides deviennent de l’acide acétique.
Un liquide brun-vert (glauque) s’écoule par les orifices naturels du corps. L’épiderme - brillant à cause des graisses qui fondent dessous - prend une teinte brunâtre, caramel. Dans les veines, le sang qui stagnait encore pourri, et on aperçoit à la surface de la peau le tracé des veines.
Enfin, la phase de liquéfaction commence. Nous en sommes à deux semaines. Les gaz condensés dans les cavités se liquéfient, tous les organes disparaissent. Les acides rongent la peau, qui commence à laisser apparaître les premiers os - généralement les côtes, plus proches.
Les insectes s’en donnent à cœur joie, se nourrissent et colonisent ce corps qui se répand un peu partout.

- C’est bon, vous pouvez reprendre -

Comme on vient de le voir, les phases de décomposition organique d’un corps est un puissant appât pour toutes formes d’insectes, de coléoptères et autres… Le souci est que beaucoup de ces bestioles sont également porteuses de maladies.
Voila ce qui a certainement motivé nos ancêtres pour ensevelir leurs morts car, en soit, un cadavre peut non seulement propager une maladie, mais aussi polluer un cours d’eau et, qui plus est, attirer des prédateurs aux dents longues que les hominidés n’appréciaient que moyennement.
Enterrer les morts était donc, d’abord, un acte de préservation de la communauté, à un moment où mourir était encore, certainement, une chose normale.

Puis vinrent les premiers cultes.
Des cultes purement animistes, d’abord, et c’est là qu’à probablement commencée la ritualisation de la mort. L’homme, partie intégrante de la nature, ne pouvait certainement pas mourir sans retourner à la nature. Mais, surtout, il faisait partie d’une communauté. On l’enterrait donc avec quelques uns des objets qui avaient marquée sa vie - sa première Rolex en bois, une ceinture en cuir de bison avec une boucle en silex…
Avec le temps, les cultes s’enrichissent de divinité, qui permettent un après-vie particulier, forcément différent (tout en y ressemblant) de la vie. Mais un autre élément entre en jeu - poussé par les premiers - celui de l’imagination. Freud expliquait dans ses essais que l’homme était obligé d’imaginer une vie après la mort, car sinon il ne pouvait s’empêcher d’imaginer le néant, le « rien ». Dans une publication en 2002, l’anthropologue Jesse Bering, de la Queen’s University de Belfast, racontait comment il avait donné comme devoir à ses élèves d’imaginer les pensées d’un mort (dans un accident de la route) avant et après sa mort. Aucun n’a pu imaginer autre chose que l’esprit continuant, d’une manière ou d’une autre, de fonctionner. En réalité, 32% d’entre eux pensaient qu’il n’y avait rien après la mort, mais ce rien est, comme dit précédemment, inimaginable.
Comme l’a dit Jankélévitch, on ne peut penser à la mort « ni avant, ni pendant, ni après ».
Puisque nous ne sommes, dans l’idée, pas capables d’imaginer que le monde puisse simplement continuer sans nous, nous nous bornons à imaginer ce qu’il y a dans cette « autre vie ».
C’est de là que sont nés beaucoup de rites - le plus fréquent étant celui du fleuve, puisqu’il était la base de la vie dans beaucoup de régions. Et le corps fut sacralisé, non pas comme un corps disparaissant, mais un organisme nécessaire pour passer « de l’autre côté ».
Ainsi, chez les Egyptiens ou les Mayas, la momification devint une pratique courante pour la noblesse, qui souhaitait arriver au royaume des morts intacts.
Chez les Grecs et les Romains, l’usage des pièces pour payer un « passeur d’âmes » fut rapidement mit en place.
Enfin, les Vikings considéraient que le corps partait avec l’âme, mais certainement pas seul. C’est pourquoi ils construisaient de magnifiques drakkars mortuaires, sur lesquels était placé le corps du notable défunt. Sa femme l’accompagnait généralement (dans le cas d’un chef, on y ajoutait deux ou trois vierges), et chantait ses louanges pour que les dieux les accueillent. On mettait alors le drakkar à l’eau, avant de l’incendier. Le défunt était passé du côté des dieux lorsque les chants (hurlements?) des femmes cessaient (je trouve ça super romantique).
La crémation était également une coutume courante en Polynésie. S’ensuivait généralement une fête magnifique, décorée de blanc (couleur de deuil là-bas), où l’on célébrait la vie du défunt.
S’il est évident que la coutume occidentale actuelle (et ce depuis environ le Vème siècle) est d’enterrer les morts et de faire de longues et larmoyantes messes, il apparait bien vite qu’il n’en a pas toujours été ainsi, et la mort n’est pas toujours synonyme de tristesse, ou de larmes.

Pour autant, le corps est passé, à travers les âges, du statut de simple cadavre que l’on enterre pour ne pas être malades, au statut de « relique » intouchable. Profaner une tombe est considéré comme un acte odieux (sauf pour un archéologue, payé pour), généralement pour des raisons erronées. En bafouant le corps, c’est la famille que l’on atteint. Combien seraient choqués d’apprendre que, au Tibet, lorsqu’un moine meurt, on se contente de déposer son corps sur un flanc de montagne, pour que les animaux s’en repaissent?
Bien plus que tout argument, les cultes et religions ont imposées leurs marques sur notre vision de la mort, au point que nous luttons contre cette peur insensée de bien des manières, et avec un certain cynisme (ne baptisons-nous pas nos enfants pour qu’ils aillent au paradis s’ils meurent?).
Avec elles, nous ne voyons plus la mort comme la fin de la vie, ni comme une échéance quelconque, mais comme un passage menant à une autre vie, plus douce au regard de celle-ci. Ce qui n’empêche pas d’avoir peur, de pleurer (même bercés par des « il est mieux là où il est »), et d’être souvent tristes.
Mais quelle tristesse? Celle de la disparition, bien évidemment, du manque. Une tristesse un brin égoïste, qui revient à « je ne le (la) reverrai plus jamais ».
Heureusement, plus de 90% des humains croient qu’il existe une vie après la mort. Cela s’appelle l’eschatologie, et nous y venons.


4 - L’ESCHATOLOGIE INDIVIDUELLE
L’eschatologie individuelle est une variante de l’eschatologie. A la base, ce terme sert à « étudier » la fin des temps, l’Apocalypse et toutes ces choses là. On parle donc d’eschatologie individuelle lorsqu’il s’agit de se demander ce qu’il y a après la mort.

Il est un élément troublant, dans le mode de pensée de la plupart des gens. En effet, l’immense majorité accepte volontiers que la vie ne soit que purement biologique. Cela se prouve par les maladies, la compréhension du corps, etc… Pour autant, ils sont tout autant convaincus que la mort est au-delà du biologique. Il s’agit d’une confusion relativement banale. En effet, même si les gens sont pleinement conscients que leurs pensées et leurs sentiments ne sont issus que d’un système d’interprétation de leur cerveau en réponse à des stimuli divers, l’idée d’une « conscience extérieure » refait soudainement surface à l’approche du mot « mort ». Il s’agit, bien entendu, d’un retour à la peur psychologique de la mort et de la disparition.
Car les faits sont là. Tout notre organisme n’est que biologie, de notre conception à notre mort. Nous naissons grâce à elle, et mourront à cause d’elle. Alors, d’où vient cette idée?
Des religions, encore une fois. Si l’on peut admettre que des divinités sans corps (purs esprits) nous entourent, on peut logiquement croire que nous-mêmes sommes scindés en deux parties distinctes : le corps d’un côté, et l’esprit de l’autre. Ainsi, quand nous mourons, notre esprit se libère. Il s’élève, monte et… Ben après ça dépend surtout des cultures. On voit nos ancêtres pour certains, on passe dans un tunnel de lumière, on se retrouve devant St Pierre en douanier du paradis… Chacun son truc.
Croire en la vie après la mort revient à se rassurer, à se dire que nous n’avons pas vécu pour rien… Encore une fois, la souffrance, comme peur symbolique.
A l’heure actuelle, seule l’Université d’Arizona possède un laboratoire étudiant l’eschatologie individuelle. Ironiquement, sa devise est « si cela est vrai, ce sera découvert. Si c’est faux, nous trouverons pourquoi c’est une erreur ». A côté de ça, une large bibliographie traite du sujet, que ce soit dans le domaine de la religion, de la philosophie, de l’ethnologie…
Mais les scientifiques sont d’accord sur un point : il n’y a rien après la mort à part… la mort. Ce n’est pas un passage, mais un état permanent. La question que certains se posent, en revanche, est « pourquoi sommes-nous vivants? », et de s’accorder sur un accident de parcours.
Mais les croyances sont tenaces, et on relate beaucoup de témoignages, de Pline le Jeune à Victor Hugo (‘Les tables tournantes de jersey’).

Le premier élément à venir jouer avec l’idée d’esprit est, bien entendu, le spiritisme. Beaucoup d’adolescents ont joué à faire tourner une table pour épater les filles (même moi, du coup super courageux alors que je n’y croyais pas). Le spiritisme se pose entre sorcellerie et pure religion, et continue à avoir des adeptes.

La médiumnité y participe également. Les médiums se font énormément d’argent en jouant sur… les devinettes. « Votre mari était blond, non, brun, non, roux ». Il y a fatalement un moment où madame Irma va tomber sur le bon. Il s’agit d’un exercice de déduction (sinon ils ne demanderaient pas des précisions) et de réflexion, de manière à se laisser influer par le « patient ».
- Demandez à Roger où il a caché l’argent.
- Attendez…. Mmmmh… Dans le placard.
- J’ai déjà cherché là.
- Je sais. Il me dit qu’il l’a déplacé…
- J’ai cherché dans toute la maison.
- C’est un placard, mais pas dans votre maison.
Imperturbablement, le médium continue à choisir ses phrases en fonction des réponses (parfois inconscientes, conversation oblige) de la personne qu’il a en face de lui.
A titre personnel, c’est comme ça que j’ai appris qu’une de mes ex décédée m’annonçait qu’elle aurait toujours voulu un enfant de moi. Ca l’a surprise quand je le lui ai dit en sortant, vu que j’avais menti à la voyante (j’aime jouer à celui qui influence, aussi, c’est mon côté pervers).

Le dernier élément qui fait pencher beaucoup de gens en faveur d’une vie après la mort est tout aussi particulier, quoi que les scientifiques se penchent un peu plus dessus - et obtiennent des réponses.
Il s’agit des expériences de mort imminente.
Les visions qu’on les témoins dans ces moments là sont relativement proches les unes des autres. Un tunnel sombre, au bout duquel scintille une lumière, ou la sensation de s’élever au-dessus de son corps.
Largement ancrées dans l’inconscient collectif, les EMI sont de mieux en mieux expliquées, en réalité, et leur fonctionnement est relativement simple (le jeu du foulard est une variante, à ne pas refaire).
Si l’arrêt des fonctions neurologiques marque la mort, il apparaît de plus en plus qu’une situation de détresse prend le cerveau au moment où celui-ci « lâche ».
Au fur et à mesure que nos différentes capacités cessent, notre réception de l’entourage change.
Ainsi, puisque notre perception de la vision change, il n’est pas étonnant que l’on aperçoive (et que notre cerveau prenne pour) une grand lumière.
De la même manière, les voix bourdonnantes s’expliquent par le fait que notre cerveau ne reçoit plus réellement les sons. A ce moment, le tout devient un brouhaha à peine audible, incompréhensible.
La sensation devient, en fait, plus ou moins celle que l’on pourrait avoir en ouvrant les yeux sous l’eau, avec cette chaleur particulière que l’on ressent de notre propre corps.
De nouvelles études sont toujours en cours, et tendent peu à peu à tordre le cou à la magie exprimée par ceux qui « vivent » une EMI.
Fait particulier : la majorité de ceux qui annoncent qu’une EMI a changée leur perception de la vie (et de la mort) sont croyants, donc déjà disposés à croire en un après-vie plus agréable.
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Mereck_bxl

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MessageSujet: Re: La Mort et la Mortalité   Sam 26 Sep - 11:06

En rapport complet avec ce thème, je conseillerais à ceux qui ne sont pas anglophobes la comptine - apparemment américaine - "The Hearse Song" (ou "The Worms"). Elle décrit en partie la décomposition et aborde quelque peu la question de la mort (et de sa mort).

Moi, je la trouve très drôle ! Laughing

Il y en a plusieurs versions, voici un lien qui redirige vers plusieurs d'entre elles.
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quinlan_vos
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MessageSujet: Re: La Mort et la Mortalité   Sam 26 Sep - 12:37

5 - LES AUTRES MORTS
La mort, dans son sens de l’achèvement, est sans doute ce qui revient le plus souvent. C’est ce qui nous lie au reste de l’humanité, du monde et, même, de l’univers. Tout à une fin.
Ainsi, dans le vocabulaire courant, la mort se retrouve un peu partout. On dit d’un moteur hors d’état de fonctionner qu’il est mort, on parle de la « petite mort » dans cet instant (que fatalement quelqu’un va foutre en l’air en causant) de répit et de calme après l’amour, jusqu’à l’idée de « mort politique » ou sociale.
La mort, dans le langage et la perception courante, n’est rien d’autre que la disparition.
Pourtant, il est évident que ce qui n’est pas vivant ne peut mourir, au sens propre du terme. Un contact social, comme une amitié, peut-il mourir? Il est évident que non. Le lien se contente de disparaître, comme n’importe quel sentiment. « When love must die », chantait Freddie Mercury dans « Who wants to live forever? » L’amour peut-il mourir? A partir où nous prenons les choses d’un point de vue subjectif et émotionnel, le premier mot qui vient est bien « mort ». L’amour, en disparaissant, peut bien mourir. De même que nous parlons d’un amour ou d’une amitié qui naît, quand en réalité ils se contentent d’apparaître d’une manière évidente.
Jusqu’aux planètes et étoiles, comme si la notion de vie et de mort valait tout. Car, que nous le voulions ou non, tout tourne autour de cela. Et nous avons tous conscience de cette échéance, quelque soit la manière dont nous la prenons.

Pour autant, la mort évoque des choses différentes selon le domaine, la perception ou la culture de chacun.
Par exemple, pour un physicien, la mort évoque l’irréversibilité. C’est-à-dire le fait que tous les éléments que nous connaissons à notre échelle avancent dans une direction, et une seule, temporelle. Inverser ce processus est impossible.
Cette notion est importante pour les physiciens car, au niveau atomique, les choses sont différentes. En réalité, tout et son contraire peut arriver, et beaucoup se basent sur les travaux de l’Autrichien Ludwig Boltzman, au XIXème siècle pour comprendre comment ces lois réversibles au niveau atomique deviennent irréversibles au nôtre. Il s’agit du fait que, plus les éléments constitutifs d’un objet sont petits, plus ils peuvent se coordonner de manières différentes. Il en est un exemple flagrant avec le recyclage. Transformer une bouteille d’eau en plastique en stylo est possible. De fait, ce n’est pas la bouteille qui importe, mais le plastique qui la constitue. Une bouteille vidée et écrasée reste à cet état, mais il est possible de la transformer pour en faire… une bouteille, ou autre chose. Mais, pour que ce soit possible, il faut en modifier les données. La nouvelle bouteille ne sera jamais identique à l’ancienne - les probabilités étant bien trop grandes pour que les atomes qui la composent se remettent exactement comme avant.
« Rien ne se créée, rien ne se perd, tout se transforme ». Et c’est souvent, également, de cette transformation qui s’opère dans un corps mourant qui nous effraie et nous choque.
En réalité, la plupart des objets qui nous entourent sont dans un état chaotique. Ils ne sont pas stables, en équilibre, mais en devenir perpétuel. Qu’est donc la mort pour un physicien? L’équilibre, la stagnation des choses.

Pour un cosmologiste, la notion de mort est… inexistante. L’univers, en effet, est apparemment dans une phase où son expansion s’accélère. Il se créée donc toujours plus de matière, toujours plus d’espace-temps et… de plus en plus vite. Un recyclage permanent, en somme, un peu comme nos propres cellules qui meurent et se régénèrent pour nous maintenir en vie. Jusqu’à très récemment, la cause de cette expansion était nommée « énergie noire ». Mais cette théorie (d’après Sciences & Vie de ce mois-ci) semble tombée en désuétude (1).
Qu’est-ce que cela nous apprend? Que la vision que nous avons de l’univers, essentiellement grâce à la théorie de la Relativité Générale, est incomplète. Cette théorie ne peut prévoir la mort de l’univers. L’entropie même (introduite par la thermodynamique) ne le peut, puisque l’on s’achemine vers toujours plus de grandeur.
A l’heure actuelle, on estime qu’il reste un peu plus de vingt milliard d’années de « vie » à l’univers. Mais les théories sur sa fin sont nombreuses, et manquent cruellement de données. Nous savons que l’univers aura une fin, C’est évident. Mais comment?
Parmi les hypothèses les plus courantes, on peut citer celle qui explique que l’univers entier se ramassera sur lui-même pour… exploser. Un nouveau Big-Bang. La naissance pour mort de l’univers.
Une autre - qui rejoint le point de vue des physiciens - explique que l’univers va continuer son expansion, jusqu’à ce qu’il soit trop grand pour la masse qu’il contient. Il « mourrait » alors, vidé de toute énergie, dans une stagnation irrémédiable où même le temps s’arrêterait.
La mort de l’univers reste donc la disparition de l’espace et du temps - ces deux notions si importantes. Mais notre vision, essentiellement à cause de notre échelle, ne peut le percevoir, ni même l’imaginer ou le quantifier.
Paradoxalement, la cosmologie, science visant à percer les mystères de l’univers, nous permet d’en apprend énormément sur nous-mêmes. Pour l’univers comme pour l’homme, la mort reste l’inconnue.

Les mathématiques sont encore plus perverses. Pour elles, la mort n’existe pas. Pour citer le mathématicien Indien Ramanujan, « une équation n’a de sens que si elle exprime une pensée de Dieu ». Car s’il est un fait, c’est qu’un triangle, un carré ou un cercle resteront ce qu’ils sont… éternellement. On peut en changer le nom ou la définition, ils resteront. De même une fois qu’un théorème est prouvé et démontré, il reste vrai d’une manière… éternelle. C’est ainsi que l’on se base toujours sur les démonstrations de Pythagore, d’Euclide et d’autres pour expliquer des éléments du quotidien (ou presque, ça dépend des gens). On peut modifier un théorème, l’appliquer à un autre domaine, le transformer… Ce qu’il est restera toujours, au moins comme une base de tout le reste.

En paléontologie, la mort est l’une des plus grandes évolutions engendrées par la vie. La mort EST l’évolution, au point qu’on y associe souvent la sexualité. Ces deux éléments sont indissociables.
Imaginons une planète peuplée de six milliards d’immortels. Tout un monde fait d’Highlanders. Ils ne se reproduiraient pas, ne le pourraient pas, puisque, étant immortelle, l’espèce n’aurait pas besoin de se renouveler. Et cette même espèce n’évoluerait pas non plus. Elle stagnerait, immobile, ne pouvait engendre qu’une certaine évolution culturelle, elle-même limitée par l’absence d’évolution. Encore une fois, nous retrouvons le principe des physiciens. Bien que cette espèce soit immortelle, elle serait morte par nature, puisque n’évoluant pas.
En outre, si la mort des individus permet de faire de la place à d’autres - plus évolués - la mort même d’une espèce le permet également. L’évolution est une course permanente après la vie et l’adaptation. Chaque nouveau-né est mieux adapté à une situation naturelle donnée que ses parents. La mort est une ouverture nécessaire, obligatoire vers le futur. C’est elle qui, avec la sexualité, permet la continuation, d’une manière ou d’une autre.
Ce principe de génération est au cœur de ce qui fait la paléontologie et, dans un sens plus large, toutes les disciplines qui étudient l’évolution.
La mort, dans ces domaines, est certainement l’élément le plus essentiel qui soit à la vie. L’opposé sans quoi rien n’est possible.



(1) Nous en reparlerons dans un autre fil, cela va sans dire.
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quinlan_vos
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MessageSujet: Re: La Mort et la Mortalité   Sam 26 Sep - 13:13

6 - CONCLUSION ET… MORT
Que nous le voulions ou non, la mort fait partie intégrante de notre vie. Nous ne vivons que pour atteindre cette échéance, nous ne sommes que pour cette fatalité. Chacun de nous mourra, quelque soit sa croyance, sa race ou son âge. Tout ce qui est fini par disparaître.
Depuis des siècles, nos pairs cherchent en vain le sens de la vie, si sens il y a. Ils ont répondu par le bonheur, l’amour, l’espoir… Mais ces choses disparaissent avec nous. Au final, qu’est-ce que la mort? Un processus nécessaire, obligatoire, qui arrive d’une manière ou d’une autre. Nous mourons parce que nous sommes vivants. Nous disparaissons parce que nous sommes. La mort se justifie par la vie, et la vie par la mort (ça va, j’arrête d’enfoncer des portes ouvertes).
Que ce processus soit biologique ou accidentel, il est irrémédiable. Mais, à défaut de se demander quel est le sens de la vie, nous pourrions nous demander quel est celui de la mort. Le sens de la vie est clair, c’est une ligne droite qui conduit à la mort. Celui de la mort…
La mort n’est en aucun cas un achèvement (à part celui de la vie, et encore, moralement, ce n’est pas exactement vrai), mais une reprise. Nous étions morts avant de naître, nous le serons encore après. Seule la vie est un accident de parcours, un dos d’âne dans ce chemin linéaire. La mort, c’est l’inexistence.
Et c’est là que le bât blesse. Si se dire « je n’existais pas » est relativement ardu pour beaucoup de gens, se dire « je n’existerai plus » l’est encore plus, pour encore plus de monde. Et c’est pourtant vrai. Nous mourrons, nos corps pourrirons pour ne plus être qu’un immense garde-manger à insectes, avant que ce qui auront été nos chairs et nos os ne disparaissent à leur tour pour… resservir. Un recyclage naturel, biologique. Alors que voulons-nous? Rester, tout simplement, d’une manière ou d’une autre. Par les momies, les jolis cercueils qui prennent de la place et permettent d’avoir un bout de pierre taillée sur lequel pleurer… « La vie des morts réside dans le souvenir des vivants », disait Jankélévitch. Et voila tout ce que nous laissons. Un tas de souvenirs, souvent hypocrites, qui plus est. Avons-nous déjà entendu dire à un enterrement « untel était un salaud, qui battait sa femme et buvait comme un trou »? Non. On cherche et on trouve toujours quelque chose de bien. Au moins, il était là pour ses amis. Comme si ce simple fait représentait l’achèvement d’une vie. Car c’est dans ces moments là que nous nous rendons compte que la vie n’est réellement qu’un accident de parcours.
Alors nous nous créons des rêves, des fantasmes, à travers nos croyances. Qu’il s’agisse du Valhala, de Hel, l’enfer de Vanuatu, ou du paradis, nous VOULONS aller quelque part. Pour ne pas disparaître.
Même certains incroyants y pensent, ou y croient, ou refusent, justement, de se demander ce qu’ils croient. Non pas que ceux là aient peur de la mort, mais ils ont peur de la mort des autres. De leurs proches.
Nous pleurons la mort d’un enfant ou d’un proche parce que cela va avec notre vision du monde, notre manière de penser. A ce moment, la mort d’un enfant devient terrible, atroce, monstrueux et… anormal. Ne parle-t-on pas de mort « naturelle », à contrario d’une mort « accidentelle »? Curieuse manière de voir les choses puisque, qu’elle soit provoquée par une voiture ou par la vieillesse, la mort reste naturelle. L’élément le plus naturel qui soit. Nous mourons pour que d’autres aient notre place, et une vie. Il est d’ailleurs courant de voir certaines espèces en surpopulation dans un espace trop petit cesser de se reproduire. La biologie et l’évolution fonctionnent par une série de morts, pour que la vie puisse exister. Et c’est sans doute là le sens de la mort. Permettre aux autres de vivre.
A ce moment, comment pouvons-nous juger la vie? Face à la mort que nous côtoyons et observons chaque jour, qui nous effraie, aussi, nous nous appuyons de tout notre poids sur ce que nous avons de certain. Je suis en vie… pour l’instant.
Finalement, la mort, même si relativement incomprise, nous permet de mieux comprendre la vie, et son sens.
Nous naissons pour mourir. Nous vivons parce que la vie se suffit à elle-même. Sans mort, que serait-elle, cette vie? Et sans la vie, comment pourrions-nous nous effrayer ou ne apitoyer sur la mort?
Elle reste certainement le plus grand mystère de l’humanité, et sans doute le plus beau. La mort, cette accompagnatrice silencieuse, fascinante, effrayante. Notre vie repose sur elle.
Mais, au-delà de cette vision purement morale, la mort n’est rien qu’un simple retour au calme.
L’arrêt de nos fonctions biologiques, le mot « fin » en clôture d’un film qui n’est déjà plus que du passé. Et le retour à la non-existence.
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MessageSujet: Re: La Mort et la Mortalité   Sam 26 Sep - 14:14

Oups, j'ai oublié les références.
- Wikipédia
- Qu'est-ce que l'humain - Pascal Picq
- Hors Série 'La Mort' de Science & Vie, Septembre - Novembre 2009
- La Mort, Vladimir Jankélévitch
Et d'autres, mais qui sont actuellement, principalement, dans ma mémoire (oui, ça sert).

Voila. J'espère avoir un peu éclairé sur ce sujet particulier, qui se trouve à la limite entre le choquant et le morbide, même si - comme je l'ai déjà dit - il n'y a rien de plus naturel.
C'est la particularité d'un tel sujet : la notion la plus banale, mais aussi la moins connue.
Je vous conseille cependant le très bon essai philosophique de Jankélévitch sur le sujet. Parfois cruel, ironique voire même cynique, il reste extraordinairement lucide, et perce parfois la carapace de l'empathie pour se faire clinique. C'est aussi ce que j'ai tenté de faire ici (même si je trouve ça relativement facile, de part ma manière de penser), de prendre la mort comme un simple fait objectif, vers lequel nous nous acheminons tous.
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MessageSujet: Re: La Mort et la Mortalité   Dim 27 Sep - 19:23

Très intéressant, mais juste quelques observations :
C'étaient pas les Incas et les mochicas qui momifiaent leur mort en plus des Egyptiens N

Un autre point de détail est que le cycle de Krebs n'est que l'un des cycles métabolique se déroulant dans les mitochondrie humaine. (Bon, on va faire simple, je vais pas tous les détailler,) Notamment celui des graisser via l'acetyl Coenzyme A.
ne pas oublier aussi que le métabolisme produit aussi du potentiel réducteur en pus de l'ATP ou autre.

Je dirais que nombre de gens ont peur de la mort, car ils refusent d'admettre que leur vie est insensé et sans valeur absolue à l'échelle de l'univers.
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MessageSujet: Re: La Mort et la Mortalité   Dim 27 Sep - 19:41

Effectivement. C'étaient les Incas qui les momifiaient.
Pour le reste, je ne suis pas allé si loin dans la biologie, pour le coup. Merci de rattraper.
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MessageSujet: Re: La Mort et la Mortalité   Dim 27 Sep - 23:31

DementiaMagister a écrit:
Très intéressant, mais juste quelques observations :
C'étaient pas les Incas et les mochicas qui momifiaent leur mort en plus des Egyptiens N

Un autre point de détail est que le cycle de Krebs n'est que l'un des cycles métabolique se déroulant dans les mitochondrie humaine. (Bon, on va faire simple, je vais pas tous les détailler,) Notamment celui des graisser via l'acetyl Coenzyme A.
ne pas oublier aussi que le métabolisme produit aussi du potentiel réducteur en pus de l'ATP ou autre

Le cycle de Krebs se produit dans les mitochondries? Je pensais que c'étaient les phosphorylations oxydatives qui se déroulaient dans les mitochondries, tandis que Krebs se passait dans cytoplasme...

Et l'acétyl CoA, c'est pas justement la molécule de départ de Krebs? Elle participe à d'autres métabolismes sans doute.

Mon cours de biochimie, quoique volumineux, était resté relativement général.
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MessageSujet: Re: La Mort et la Mortalité   Lun 28 Sep - 8:26

Oui, celà prends bien place dans la mitochondrie, dans la matrice exactement.
Source : Biochemestry, Lubert Stryer 5th edition.

L'acetyl coA a aussi un rôle dans la dégradation des acides gras.

Ne t'en fait pas, moi aussi ma biochimie des eucaryote est un peu rouillée.
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MessageSujet: Re: La Mort et la Mortalité   Lun 28 Sep - 19:18

qu'il suffisent qu' un tas de molécule passe d'un états a un autre pour , qu'au pire des cas , un pays tout entier le suive... (on a vu pire avec jackson , se salop a fais planter certains sites ^^ )
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MessageSujet: Re: La Mort et la Mortalité   Lun 28 Sep - 19:19

Michael Jackson... La preuve que les OGM sont mauvais?

Mouhahahahaha
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MessageSujet: Re: La Mort et la Mortalité   Mar 29 Sep - 5:48

Mais non, Mickael Jackson était en plastique. il a demandé en secret à être recyclé en légo pour pouvoir jouer avec les enfant même après sa mort.....
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MessageSujet: Re: La Mort et la Mortalité   Mar 29 Sep - 18:21

lool
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MessageSujet: Re: La Mort et la Mortalité   

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